الأحد، آذار 24، 2019

A quinze jours de l’échéance, le Parlement britannique sollicite un report du Brexit

15 آذار
, 2019
, 2:04ص
A quinze jours de l’échéance, le Parlement britannique sollicite un report du Brexit

Philippe Bernard – Le monde

La date du 29 mars prévue pour le départ du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), dont Theresa May avait fait un leitmotiv de ses promesses répétées de Brexit, n’est plus gravée dans le marbre. Au contraire : depuis le vote des députés dans la soirée du jeudi 14 mars, il est à peu près certain que cette date butoir sera repoussée au moins jusqu’au 30 juin et peut-être davantage.

Par 413 voix contre 202, les élus britanniques ont adopté la motion gouvernementale qui, pour la première fois, officialise la demande britannique d’un report du Brexit. Le 29 mars correspond au terme du délai de deux années prévu par l’article 50 du traité de Lisbonne organisant la procédure de sortie d’un membre de l’UE, que la première ministre britannique avait actionné le 29 mars 2017. Jeudi soir, après le vote de la Chambre des communes, la Commission européenne a « pris note » en rappelant que la décision d’accorder un délai supplémentaire appartient aux 27 Etats de l’Union et exige leur accord unanime lors du Conseil européen des 21 et 22 mars.

Répit

Pour Mme May, la soirée de jeudi peut apparaître comme un répit relatif après deux journées parlementaires calamiteuses, marquées mardi par un deuxième rejet par les députés de l’accord sur le Brexit conclu avec l’UE et mercredi par une rébellion de son gouvernement en faveur d’une motion excluant le « no deal » qu’elle ne soutenait pas. Cette fois, tout s’est passé comme l’avait rêvé la première ministre. Le texte mettant en œuvre sa stratégie destinée à forcer la main des députés afin qu’ils votent enfin, mardi prochain, en faveur de l’accord négocié depuis deux ans avec les 27 a été largement approuvé. Non seulement par ce qu’il reste de conservateurs disciplinés, mais par des partisans d’un Brexit plus modéré qui comptent sur un délai supplémentaire pour parvenir à leurs fins.

 

Mais la concession de Mme May sur la date fétiche du 29 mars masque en réalité un ultimatum : la motion approuvée jeudi soir engage la première ministre à solliciter de l’UE un report du Brexit au 30 juin, mais à la condition que le Parlement approuve d’ici au 20 mars le fameux deal avec l’UE qu’ils ont rejeté à deux reprises. A quinze jours du divorce programmé, Theresa May compte sur la menace du chaos ou d’un report de longue durée pour amener les députés tories à basculer au dernier moment en sa faveur.

Elle leur pose en substance la question suivante : que direz-vous à vos électeurs qui souhaitent le divorce avec l’UE et ne comprennent pas qu’il prenne si longtemps, si, faute d’accord des députés, le Brexit est remis aux calendes grecques ou vidé de sa substance ? Le pari n’est pas gagné car, mardi 12 mars, il lui a manqué quelque 80 voix. Mais si elle le gagne, elle se fait fort d’obtenir dès le Conseil européen du 21 mars ce court « report technique » de trois mois destiné à faire voter les lois découlant de l’accord de Brexit. En revanche, si les députés persistaient dans leur refus, elle devrait solliciter un report d’un an voire davantage sans perspective précise, sans aucune certitude d’un accord des 27, et, cerise sur le gâteau, avec l’obligation d’organiser au Royaume-Uni les élections européennes de la fin mai. Un cauchemar pour la base europhobe du parti. Jeudi, des signes concordants reflétaient un ton plus conciliant chez les élus pro-Brexit et chez les Nord-Irlandais du DUP, dont les voix sont nécessaires à Mme May.

Pas de second référendum

Non seulement la chef du gouvernement a fait approuver cette stratégie à hauts risques, mais elle a obtenu que soit tuée dans l’œuf une alternative prometteuse qui aurait marqué la réelle prise en main du Brexit par le Parlement. A deux voix près (314 contre 312), les députés ont rejeté un amendement interpartis favorable à un Brexit modéré qui prévoyait une série de votes sur différentes options (maintien dans l’union douanière, modèle norvégien) destinée à tenter de réunir une majorité alternative au deal de la première ministre.

De la même manière, un amendement favorable à un deuxième référendum sur le Brexit a été largement repoussé (85 voix contre 334). Censé défendre cette idée, le Labour n’a pas soutenu le texte, officiellement parce qu’il était « prématuré » mais surtout parce que son chef, Jeremy Corbyn, eurosceptique de gauche, ne veut pas bousculer ses 37 % d’électeurs populaires pro-Brexit. Prétendant rechercher « un compromis pour sortir de la crise », M. Corbyn ne semble pas mécontent de laisser Mme May mettre en œuvre le Brexit ou s’y casser les dents.

Car l’apparente éclaircie parlementaire dont a bénéficié la première ministre masque mal un délitement de son autorité inquiétant non seulement pour sa survie politique, mais pour le fonctionnement démocratique du pays. Theresa May a perdu le contrôle de son parti et de son gouvernement au point que 188 députés conservateurs et même 8 ministres ont voté jeudi contre la motion gouvernementale prévoyant un report du Brexit. La palme de l’incongruité revient sans conteste à Steve Barclay, ministre du Brexit qui a voté contre la motion qu’il venait lui-même de défendre quelques minutes auparavant avec emphase : « Il est temps pour le Parlement d’agir dans l’intérêt national, avait-il lancé. Il est temps de proposer un report [du Brexit] qui soit réaliste. »

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